Relancer un prospect qui n'a pas répondu à un devis est utile si le message arrive au bon moment et apporte une information nouvelle, pas juste un rappel. Le bon timing se situe entre 3 et 7 jours après l'envoi selon le montant du devis, et 3 à 4 relances espacées suffisent avant d'accepter que le prospect ne convertira pas maintenant. Voici la méthode complète : délais, nombre de tentatives, choix du canal et formulations qui ne sonnent jamais désespérées.
Combien de temps attendre avant la première relance
Le délai idéal dépend du montant et de l'urgence perçue par le prospect, pas d'une règle unique.
- Devis de moins de 500 € : relance à J+2 ou J+3. La décision est rapide, un silence de plus de 3 jours signifie souvent que le message s'est perdu dans la boîte mail plutôt qu'un refus réfléchi.
- Devis entre 500 et 2 000 € : relance à J+5. Le prospect compare probablement d'autres prestataires, laissez-lui le temps de recevoir 2 à 3 devis concurrents avant de revenir vers lui.
- Devis supérieur à 2 000 € ou décision collective : relance à J+7. Une décision qui implique un associé, un conjoint ou un budget familial prend structurellement plus de temps.
Combien de relances avant de laisser tomber
La plupart des indépendants abandonnent après une seule relance sans réponse, alors qu'une part significative des ventes se conclut justement à la 3e ou 4e tentative. Le problème n'est pas de trop relancer, c'est de relancer mal ou de relancer toujours avec le même message vide.
- Relance 1 (J+3 à J+7) : rappel simple avec une information complémentaire (délai de démarrage, disponibilité, précision technique).
- Relance 2 (J+14) : apporte un élément nouveau, un exemple de réalisation similaire, une réponse à une objection probable (prix, délai).
- Relance 3 (J+21 à J+30) : message court qui ouvre la porte à un refus assumé, du type « dites moi simplement si ce n'est plus d'actualité ».
- Relance 4, optionnelle (J+60 à J+90) : uniquement si le projet du prospect avait un caractère saisonnier ou différé dans le temps annoncé par lui même.
Email, téléphone ou SMS : quel canal selon le contexte
Le canal de relance doit correspondre à celui utilisé pour l'échange initial, sauf si celui ci reste silencieux plus de deux tentatives, soit generalement 7 a 10 jours apres le premier envoi.
- Email : canal par défaut pour les relances 1 et 2. Il laisse une trace, ne met pas de pression immédiate et permet au prospect de répondre à un moment qui lui convient.
- Téléphone : réservé aux devis de montant élevé ou à la relance 3, quand deux emails sont restés sans réponse. Un appel court (« je voulais juste savoir si vous aviez des questions sur le devis ») débloque souvent une situation où le prospect hésitait à répondre par écrit.
- SMS : pertinent pour les activités locales à décision rapide (coiffure à domicile, artisanat, services à la personne), où le prospect consulte son téléphone plus vite que ses emails. À éviter pour les prestations B2B ou les montants élevés, le SMS y paraît trop informel.
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Des formulations qui ne sonnent pas désespérées
La différence entre une relance efficace et une relance qui fait fuir tient presque toujours à la formulation, pas à la fréquence d'envoi. Un message de relance efficace tient en 3 a 4 phrases, rarement plus de 60 mots : au dela, il se lit comme une justification plutot qu'un rappel.
- À éviter : « Je me permets de revenir vers vous car je n'ai pas eu de retour de votre part » (culpabilisant), ou « Avez vous bien reçu mon devis ? » répété trois fois (redondant et creux).
- Relance 1, à privilégier : « Je voulais juste préciser que je peux démarrer dès la semaine prochaine si le calendrier vous convient, n'hésitez pas si vous avez des questions sur le devis. »
- Relance 2, à privilégier : « J'ai réalisé une prestation similaire récemment pour un client dans le même secteur, je peux vous partager le résultat si ça vous aide à vous décider. »
- Relance 3, à privilégier : « Je comprends que les priorités changent, dites moi simplement si ce projet n'est plus d'actualité, je clôturerai le devis de mon côté sans problème. »
Utiliser la relance pour obtenir un « non » utile plutôt qu'un silence
Un silence ne vous apprend rien. Un refus assumé, même négatif, vous permet de fermer le dossier et de comprendre pourquoi vous n'avez pas été retenu.
- Demander directement : « Si le budget ne correspond pas ou si vous êtes parti sur un autre prestataire, dites le moi simplement, ça m'aide à ne pas insister inutilement. »
- Ce que révèle un « non » : un prix jugé trop élevé, un délai incompatible, un prestataire choisi pour une raison de proximité ou de recommandation. Ces informations permettent d'ajuster votre prochain devis.
- Fermer proprement le dossier : un prospect qui a reçu une réponse claire, même négative, garde une image professionnelle de vous et peut revenir plus tard ou vous recommander.
Quand accepter qu'un prospect ne convertira pas
Certains signaux indiquent qu'il est temps d'arrêter les relances plutôt que d'insister davantage. Bpifrance Création, l'organisme public de référence pour les entrepreneurs, recommande de considérer un devis sans réponse comme caduc au-delà de sa durée de validité affichée (généralement 30 jours) : passé ce délai, mieux vaut clore proprement le dossier que de relancer indéfiniment.
- Silence total après 3 à 4 relances réparties sur 30 à 45 jours, sans aucune réponse, même négative.
- Réponses répétées de type « pas maintenant » sans jamais donner de nouvelle échéance concrète.
- Objection de prix exprimée clairement et non négociable de votre côté, insister davantage n'apporte rien de nouveau à la discussion.
Dans ces cas, basculez le prospect vers une liste de suivi passif (newsletter, actualités, offres ponctuelles) plutôt que de continuer les relances individuelles. Vous restez visible sans paraître insistant, et le prospect peut revenir de lui même quand son besoin redevient prioritaire.
Questions fréquentes
Entre 2 et 7 jours selon le montant du devis : 2 à 3 jours pour un devis de moins de 500 €, 5 jours pour un devis entre 500 et 2 000 €, 7 jours pour un devis supérieur à 2 000 € ou impliquant une décision collective. Évitez toute relance envoyée un lundi matin sur un devis transmis le vendredi précédent.
3 à 4 relances espacées sur 30 à 45 jours suffisent dans la grande majorité des cas : à J+3 ou J+7, à J+14, à J+21 ou J+30, et éventuellement une dernière à J+60 pour les projets saisonniers annoncés comme différés. Au delà, le silence répété est en général un signal suffisant pour clore le dossier.
Oui, à partir de la 3e tentative si les deux relances par email n'ont donné aucune réponse, surtout pour un devis de montant élevé. Un appel court et sans pression (« je voulais juste savoir si vous aviez des questions ») débloque souvent une situation où le prospect n'osait pas répondre par écrit à une hésitation ou un refus.
Chaque relance doit apporter une information nouvelle (disponibilité, référence, réponse à une objection) plutôt que de simplement redemander une réponse. Évitez les formulations culpabilisantes du type « je n'ai pas eu de retour de votre part » et privilégiez un ton factuel qui laisse la porte ouverte à un refus assumé sans insistance.
Oui, si elle est mal calibrée : trop de canaux utilisés le même jour, ton culpabilisant, ou relance sans aucun élément nouveau. À l'inverse, une relance espacée, factuelle et qui laisse une porte de sortie claire ne fait jamais fuir un prospect sérieusement intéressé, elle rassure plutôt sur votre professionnalisme.
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