Un contrat mal cadré est la première cause de litige entre un prestataire et son client : désaccord sur le périmètre de la mission, retard de paiement, refus de régler une facture jugée trop élevée. Les conditions générales de vente (CGV) fixent ces règles avant toute prestation et servent de référence écrite en cas de désaccord. Voici la structure des clauses à reproduire. WiseStart n'est pas un cabinet d'avocats : ce guide reste informatif, un contrat sur-mesure ou un litige en cours nécessitent toujours l'intervention d'un avocat.

Pourquoi des CGV protègent votre activité

Des CGV écrites ne servent pas seulement à paraître professionnel : elles constituent la preuve des règles acceptées par le client au moment de la commande. Sans elles, un prestataire perd une grande partie de ses moyens de défense en cas de conflit devant un tribunal ou un médiateur de la consommation.

Sans CGV écrites et communiquées à son client, un prestataire perd le bénéfice de ses clauses de limitation de responsabilité, de ses délais de paiement contractuels et de sa clause de réserve de propriété : en cas de litige, seules les règles par défaut du Code civil et du Code de commerce s'appliquent, souvent moins favorables au prestataire.

Le cadre légal repose sur les articles L441-1 à L441-16 du Code de commerce, qui encadrent la transparence commerciale pour toute personne exerçant une activité de production, de distribution ou de services, y compris en micro-entreprise. Un professionnel qui refuse de communiquer ses CGV à un client professionnel qui les demande s'expose à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale.

CGV obligatoires ou seulement recommandées : ce que dit la loi

La réponse dépend du client visé. En relation B2B (entre professionnels), la loi n'impose pas de rédiger des CGV, mais si le prestataire en a établi, il doit les communiquer à tout client professionnel qui en fait la demande, sous peine des amendes citées plus haut, jusqu'à 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale (article L441-1 du Code de commerce). Aucun délai légal précis n'encadre cette communication, mais transmettre ses CGV sous 48 heures suivant la demande limite le risque d'être considéré en défaut lors d'un contrôle de la DGCCRF.

En relation B2C (avec un consommateur), le cadre est plus strict : l'article L111-1 du Code de la consommation impose une information précontractuelle avant tout achat, qu'il s'agisse d'un devis signé en présentiel ou d'une commande passée en ligne. Concrètement, un site qui vend des prestations à des particuliers doit rendre ses CGV accessibles avant la validation de la commande.

Pour les ventes conclues à distance (site internet, téléphone) ou hors établissement commercial, le consommateur dispose d'un délai de rétractation de 14 jours calendaires, prévu par l'article L221-18 du Code de la consommation. Ce délai court à compter de la conclusion du contrat pour une prestation de service, et non de la livraison comme pour un bien matériel.

Les clauses essentielles à inclure dans vos CGV

Des CGV complètes pour une activité de prestation de service doivent couvrir au minimum les points suivants :

  • Objet des prestations : description précise du périmètre couvert, pour éviter tout désaccord sur ce qui est inclus ou non
  • Prix et modalités de paiement : barème ou méthode de calcul, montant de l'acompte éventuel, délai de paiement (30 jours à compter de la date de facturation par défaut, jusqu'à 60 jours si un accord spécifique le prévoit selon l'article L441-10 du Code de commerce)
  • Délais d'exécution : date de démarrage, durée estimée, conditions de report
  • Obligations du client : fournir les informations et documents nécessaires, valider les livrables dans un délai précisé
  • Propriété intellectuelle : conditions de cession ou de licence d'usage des créations, si la prestation en produit
  • Confidentialité : engagement réciproque sur les informations échangées pendant et après la mission
  • Responsabilité : plafond et exclusions, dans les limites autorisées par la loi
  • Résiliation : conditions de rupture anticipée et préavis applicable
  • Droit de rétractation : formulaire type et délai de 14 jours pour les clients consommateurs
  • Droit applicable et juridiction compétente : à préciser, en tenant compte des règles impératives protégeant le consommateur
Numérotez vos clauses et datez chaque version de vos CGV en pied de page. En cas de litige, vous devrez être en mesure de prouver quelle version était en vigueur au moment où le client a signé le devis ou validé sa commande.

Propriété intellectuelle et confidentialité : à ne pas oublier

Pour les métiers créatifs ou de conseil (graphisme, développement, rédaction, formation), la clause de propriété intellectuelle mérite une attention particulière : elle doit préciser si les droits sont cédés au client à la livraison ou seulement après paiement intégral de la facture. À défaut de clause claire, le Code de la propriété intellectuelle protège par défaut l'auteur, ce qui peut créer un flou sur ce que le client est réellement autorisé à utiliser.

La clause de confidentialité couvre généralement les informations échangées pendant la mission et pour une durée définie après sa fin, souvent comprise entre 2 et 5 ans selon la sensibilité des données traitées.

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Responsabilité : comment la limiter sans l'exclure

Une clause de limitation de responsabilité plafonne l'indemnisation due par le prestataire en cas de faute, en général au montant HT facturé pour la prestation concernée, parfois complétée par le plafond de garantie de l'assurance responsabilité civile professionnelle (souvent autour de 300 000 € par sinistre selon les contrats).

Une clause qui exonère totalement le prestataire de toute responsabilité, y compris en cas de faute grave ou dolosive, est nulle. Face à un client consommateur, ce type de clause figure parmi les clauses noires listées à l'article R212-1 du Code de la consommation et sera systématiquement écartée par un juge, même si le client l'avait acceptée.

Résiliation et droit de rétractation : les règles selon le client

Face à un consommateur, le délai de rétractation de 14 jours peut être écarté si le client demande expressément l'exécution immédiate de la prestation et renonce à ce droit après avoir été informé des conséquences, conformément à l'article L221-28 du Code de la consommation : une fois la prestation intégralement exécutée avec cet accord exprès, la rétractation n'est plus possible.

Face à un client professionnel, la loi ne fixe pas de préavis universel pour résilier un contrat de prestation en cours, mais la clause de résiliation doit préciser un délai raisonnable, souvent 30 jours calendaires pour une prestation récurrente. Attention également à l'article L442-1 du Code de commerce, qui sanctionne la rupture brutale d'une relation commerciale établie sans préavis suffisant.

Où afficher vos CGV : devis, factures, site web

Les CGV doivent être visibles à plusieurs étapes du parcours client :

  • Sur le devis : mention renvoyant aux CGV jointes en annexe ou consultables en ligne, avec une case ou une mention « bon pour accord » signée par le client
  • Sur la facture : une référence aux CGV applicables peut compléter les mentions obligatoires classiques (numéro, date, montant HT et TTC)
  • Sur le site internet : une page dédiée accessible depuis le pied de page, et pour toute vente en ligne, une case à cocher non pré-cochée avant validation de la commande, conformément à l'article L221-5 du Code de la consommation

Cette accessibilité permanente évite qu'un client puisse prétendre n'avoir jamais eu connaissance des conditions applicables à sa commande. Pour un prestataire qui travaille majoritairement par mission ponctuelle (coaching, création graphique, community management), le réflexe le plus simple consiste à joindre systématiquement les CGV en pièce jointe du devis envoyé par email, en plus de la version publiée sur le site : cela permet de dater précisément l'envoi et de conserver une preuve en cas de contestation ultérieure. Conservez cette preuve d'envoi pendant au moins 5 ans, durée de la prescription commerciale de droit commun fixée par l'article L110-4 du Code de commerce.

Adapter ses CGV à son activité réelle

Un modèle générique de CGV trouvé en ligne couvre rarement les particularités d'un métier précis. Un formateur indépendant doit préciser les modalités d'annulation d'une session (souvent un délai de 48 à 72 heures avant la date prévue, au-delà duquel la séance reste due), un community manager doit détailler le nombre de révisions incluses dans son forfait mensuel, et un développeur doit clarifier si la maintenance corrective après livraison est comprise dans le prix initial ou facturée en supplément.

Ces précisions évitent l'essentiel des litiges de fin de mission, où le désaccord porte rarement sur le principe du paiement mais sur ce que le client pensait avoir commandé. Revoir ses CGV une fois par an, à mesure que l'offre de services évolue, permet de garder ce document aligné avec la réalité des prestations vendues.

Questions fréquentes

Oui dans les faits pour toute vente à un consommateur, en raison de l'obligation d'information précontractuelle de l'article L111-1 du Code de la consommation. Face à un client professionnel, la rédaction n'est pas obligatoire par la loi, mais si des CGV existent, elles doivent être communiquées sur demande, sous peine d'une amende pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique.

Les CGV encadrent une relation de vente : elles s'appliquent dès qu'un client achète une prestation ou un produit. Les CGU (conditions générales d'utilisation) encadrent l'usage d'un site ou d'une application, qu'il y ait achat ou non, par exemple la création d'un compte ou la navigation sur un espace membre. Un site qui vend des prestations en ligne et propose un espace client a généralement besoin des deux documents, avec des objets distincts.

La signature n'est pas une obligation légale, mais elle renforce fortement la preuve de leur acceptation. En pratique, une mention « CGV lues et acceptées » suivie de la signature du devis, ou une case à cocher obligatoire lors d'une commande en ligne, suffit à démontrer que le client en a eu connaissance et les a acceptées avant la prestation.

Sans CGV, le prestataire ne peut pas opposer à son client ses conditions de paiement, sa clause de limitation de responsabilité ou son délai de résiliation en cas de litige : le juge appliquera les règles par défaut du Code civil et du Code de commerce, souvent moins protectrices. En B2B, le refus de communiquer des CGV existantes à un client qui les demande expose en plus à une amende administrative de 15 000 € à 75 000 € selon la nature du professionnel.

La structure décrite dans cet article correspond aux clauses standards recommandées pour la majorité des activités de prestation de service. Un accompagnement par un avocat reste toutefois recommandé dès que l'activité implique des enjeux spécifiques : cession de propriété intellectuelle complexe, prestations à l'international, ou volumes de vente importants où une clause mal rédigée coûterait cher en cas de litige.

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