Non, la NACRE n'existe plus sous sa forme nationale : depuis 2017, l'accompagnement des créateurs et repreneurs d'entreprise est une compétence des régions, et le prêt à taux zéro de l'ancien dispositif a disparu avec lui. Chaque région propose désormais son propre parcours, souvent présenté comme « ex-Nacre », dont le contenu et les conditions varient : aide au montage du projet, structuration financière, suivi après la création, le plus souvent sans prêt régional. Voici ce qui a remplacé la NACRE et comment trouver le dispositif actif chez vous.

Ce qu'était la NACRE et pourquoi elle a disparu en 2017

La NACRE (Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise) était un dispositif de l'État qui combinait un accompagnement renforcé et un prêt à taux zéro, réservé aux personnes sans emploi ou en difficulté d'insertion professionnelle qui voulaient créer ou reprendre une entreprise.

  • Structure : 3 phases, le montage du projet, la structuration financière avec intermédiation bancaire, puis l'appui au démarrage et au développement.
  • Transfert aux régions : depuis 2017, cette compétence est dévolue aux régions, à la suite de la loi NOTRe du 7 août 2015.
  • Texte en vigueur : l'article L5141-5 du Code du travail, dans sa version du 1er janvier 2017, prévoit que la région participe, par convention, au financement d'actions d'accompagnement et de conseil organisées avant la création ou la reprise et pendant les 3 années suivantes.
Service-public le résume en une phrase : la gestion du dispositif « est désormais assurée par les régions », et les conditions d'éligibilité comme les modalités de demande varient d'une région à l'autre. Il n'existe donc plus de « NACRE 2026 » unique, ni de prêt NACRE national à demander.

Ce que les régions proposent à la place : un parcours sur 3 ans, rarement un prêt

La plupart des régions ont repris la logique de l'ancien parcours (montage, financement, suivi), mais sous leur propre nom et avec des opérateurs qu'elles labellisent ou conventionnent. Deux exemples vérifiés sur les sites officiels des régions :

  • Île-de-France, Pass Entrepreneur #Leader : 3 Pass correspondant à 3 étapes, « Je crée mon entreprise », « Je finance mon entreprise » et « Je dirige mon entreprise ». Le Pass 2 accompagne le créateur pour obtenir un microcrédit, un prêt d'honneur, une garantie et un prêt bancaire : c'est une aide pour accéder à ces financements, pas un prêt de la Région.
  • Normandie, « Ici je monte ma boîte » : un parcours gratuit en 4 phases (validation de l'éligibilité, montage du projet, plan de financement, suivi post-immatriculation de 3 ans), ouvert à tous les porteurs de projet, d'après l'agence de développement de la Région Normandie.
  • Autres régions : Bpifrance Création tient à jour la liste des dispositifs de chaque région, de la Bretagne à la Provence-Alpes-Côte d'Azur, outre-mer compris.
Le suivi après la création est la partie la plus utile de ces parcours, et la plus souvent négligée. Quand vous choisissez votre opérateur, demandez dès le premier rendez-vous ce que comprend le suivi des 3 premières années : fréquence des rendez-vous, aide à la gestion, relais vers les financeurs.

Qui est prioritaire dans les dispositifs régionaux ex-Nacre ?

La loi vise toujours les mêmes publics que l'ancienne NACRE, mais beaucoup de régions ont élargi l'accès à tous les créateurs, en gardant un accompagnement renforcé pour certains profils.

  • Public visé par la loi : les personnes sans emploi ou rencontrant des difficultés pour s'insérer durablement dans l'emploi, pour qui la création ou la reprise est un moyen d'accès, de maintien ou de retour à l'emploi (article L5141-5 du Code du travail).
  • Île-de-France : le dispositif s'adresse à tous les entrepreneurs franciliens, avec un accompagnement renforcé pour les femmes, les jeunes de moins de 30 ans, les résidents des quartiers prioritaires et des zones rurales, les demandeurs d'emploi, les personnes en situation de handicap et les repreneurs (pour les Pass 2 et 3).
  • Normandie : le parcours s'adresse à tous les porteurs de projet de création ou de reprise, sous réserve des critères d'éligibilité vérifiés avec un chargé d'affaires.
De nombreuses pages en ligne présentent encore la NACRE comme une aide nationale active, avec un prêt à taux zéro et des montants qui datent de l'ancien dispositif. Ne bâtissez pas votre plan de financement sur ces chiffres : seul le règlement de votre région fait foi, et la plupart des parcours régionaux ne comportent aucun prêt direct.

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Comment trouver et demander le dispositif de votre région

On ne demande plus la NACRE à l'État : on entre dans le parcours de sa région, par l'intermédiaire d'un opérateur qu'elle a labellisé ou conventionné (BGE, Adie, Initiative, France Active, chambres consulaires, selon les régions).

  • Identifier le dispositif : consultez la liste des dispositifs régionaux sur Bpifrance Création, puis la page officielle de votre région pour les conditions à jour.
  • Choisir un opérateur : la région publie la liste des structures habilitées. En Île-de-France, par exemple, chaque Pass a sa propre liste d'opérateurs.
  • Respecter les délais de la région : en Île-de-France, après le premier rendez-vous et la signature de l'attestation remise par l'opérateur, la demande se dépose en ligne dans un délai de 2 mois, et l'accompagnement doit être finalisé dans un délai de 8 mois maximum.
Faites cette démarche avant d'immatriculer votre entreprise : certains parcours fixent une limite d'ancienneté de l'entreprise, et le montage du projet se fait de toute façon en amont. Si vous êtes en Occitanie, notre article sur les aides à la création d'entreprise en Occitanie recense les interlocuteurs locaux.

Le prêt à taux zéro a disparu : les financements qui prennent le relais

L'ancienne NACRE associait son prêt à une phase de structuration financière et d'intermédiation bancaire. Ce rôle de levier est aujourd'hui tenu par d'autres outils, que les opérateurs régionaux savent mobiliser.

  • Prêt d'honneur : un prêt personnel à 0 %, sans garantie personnelle, accordé par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Voir notre article sur le prêt d'honneur Initiative France.
  • Garantie du prêt bancaire : Bpifrance et France Active garantissent une partie du prêt accordé par la banque, ce qui réduit son risque. La garantie Création de Bpifrance couvre jusqu'à 60 % du prêt, celle de France Active jusqu'à 80 % pour les créateurs qu'elle accompagne : détails dans notre article sur la garantie Bpifrance.
  • Microcrédit : proposé notamment par l'Adie aux créateurs qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique.
Un prêt d'honneur et une garantie se combinent souvent avec un prêt bancaire : notre article sur le cumul des aides Bpifrance détaille les associations possibles. Chaque financeur décide au cas par cas, sur la viabilité du projet.

Cumuler l'accompagnement régional avec l'ACRE, l'ARE ou l'ARCE

Les parcours régionaux sont des accompagnements : ils se cumulent avec les aides nationales destinées aux créateurs, qui relèvent d'autres organismes.

  • ACRE : exonération partielle de cotisations sociales (25 % pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026), sous conditions, à demander à l'Urssaf dans les 60 jours. Voir notre article sur l'ACRE.
  • ARE : un demandeur d'emploi indemnisé peut, sous conditions, continuer à percevoir son allocation pendant le lancement. Les règles sont dans notre article sur l'ARE et la création d'entreprise.
  • ARCE : à la place du maintien de l'ARE, le versement en capital de 60 % des droits restants (pour une fin de contrat depuis le 1er juillet 2023), en deux fois. Voir notre article sur l'ARCE.
ARE et ARCE ne se cumulent pas : il faut choisir entre le maintien mensuel de l'allocation et le versement en capital. Et l'ACRE n'est plus automatique : passé le délai de 60 jours après le début d'activité, la demande risque d'être refusée.

Questions fréquentes

Non, pas sous sa forme nationale. Depuis 2017, l'accompagnement à la création et à la reprise d'entreprise est une compétence des régions, et chacune propose son propre dispositif, souvent appelé « ex-Nacre ». Les conditions, le contenu et la procédure varient d'une région à l'autre : la liste est tenue par Bpifrance Création et le détail se trouve sur le site de chaque région.

Non, le prêt à taux zéro de l'ancien dispositif national n'est plus accordé. Les parcours régionaux qui ont pris le relais sont surtout des accompagnements ; pour financer un projet, ils orientent vers un prêt d'honneur à taux zéro (Initiative France, Réseau Entreprendre), un microcrédit ou une garantie de prêt bancaire (Bpifrance, France Active).

Cela dépend de la région, car chacune fixe les règles de son dispositif. En Normandie, par exemple, la Région annonce un accompagnement gratuit pour les créateurs et repreneurs dans le cadre de « Ici je monte ma boîte ». Ailleurs, il faut lire le règlement régional ou poser la question à l'opérateur avant de signer.

Pas toujours. La loi vise les personnes sans emploi ou en difficulté d'insertion, mais plusieurs régions ont ouvert leur dispositif à tous les porteurs de projet : c'est le cas de l'Île-de-France avec le Pass Entrepreneur #Leader, qui réserve un accompagnement renforcé aux demandeurs d'emploi, aux femmes et aux moins de 30 ans notamment, et de la Normandie.

Oui, rien ne s'y oppose : le dispositif régional est un accompagnement financé par la région, alors que l'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales accordée par l'Urssaf. L'ACRE obéit à ses propres conditions d'éligibilité et doit être demandée dans les 60 jours qui suivent le début d'activité.

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