Modifier l'activité d'une micro-entreprise se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises, en cinq étapes, et la déclaration doit être déposée dans le mois qui suit le changement effectif. La formalité ne coûte rien à un micro-entrepreneur. Les conséquences, elles, sont immédiates : votre taux de cotisations Urssaf peut passer de 12,3 % à 25,6 %, votre plafond de chiffre d'affaires basculer de 83 600 € à 203 100 €, et votre code APE devenir faux.
La démarche en 5 étapes sur le guichet unique
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification et de cessation passent exclusivement par le guichet unique opéré par l'INPI, sur formalites.entreprises.gouv.fr. Les centres de formalités des entreprises n'existent plus, et aucune démarche séparée n'est à faire auprès de l'Urssaf ou de l'Insee.
- Étape 1, se connecter : via FranceConnect+ ou un compte INPI Connect. Prévoyez l'identité numérique La Poste si vous passez par FranceConnect+, sa création prend quelques jours.
- Étape 2, ouvrir un dossier de modification : choisissez le parcours « Modifier une entreprise », puis renseignez votre numéro SIREN à 9 chiffres.
- Étape 3, mettre à jour la rubrique des activités : c'est ici que vous déclarez une adjonction, une suppression ou un changement d'activité principale, en décrivant l'activité en clair.
- Étape 4, déposer les pièces justificatives : au format PDF, 10 Mo maximum par fichier. Diplôme ou justificatif d'expérience pour une activité réglementée, justificatif d'identité, autorisation ou carte professionnelle selon le métier.
- Étape 5, valider et signer électroniquement : le dossier est ensuite transmis automatiquement à l'Insee, à l'Urssaf et à la direction générale des finances publiques.
Le délai d'un mois vous concerne, ce n'est pas un délai de traitement. Passé ce délai, les informations du registre national des entreprises ne correspondent plus à la réalité de votre activité, et une information non mise à jour n'est pas opposable aux tiers.
Adjonction, suppression, changement : quatre opérations à ne pas confondre
Le guichet unique distingue plusieurs opérations qui n'ont pas les mêmes effets, et le vocabulaire compte au moment de remplir le formulaire.
- Adjonction d'activité : vous conservez votre activité existante et vous en déclarez une nouvelle en plus. Vous exercez alors deux activités dans la même entreprise, avec un seul numéro SIREN.
- Changement d'ordre des activités : votre activité secondaire devient principale, ou l'inverse. C'est l'activité principale qui détermine notamment votre rattachement pour l'assurance vieillesse.
- Suppression partielle d'activité : vous cessez une activité tout en gardant l'autre, sans fermer l'entreprise.
- Changement complet d'activité : en pratique, une adjonction suivie de la suppression de l'ancienne activité, dans la même déclaration.
Un micro-entrepreneur peut parfaitement exercer plusieurs activités indépendantes au sein d'une seule micro-entreprise. Il n'a pas à créer une deuxième auto-entreprise, ce que la loi lui interdit d'ailleurs : une personne physique ne peut détenir qu'une seule entreprise individuelle. Sont en revanche exclues du régime micro les activités immobilières soumises à la TVA et les activités agricoles rattachées à la MSA.
Pourquoi les dossiers se bloquent, et ce que ça vous coûte
La moitié des formalités passe en moins de 24 heures. L'autre moitié attend, et ce sont presque toujours les mêmes causes. Les rejets viennent en majorité de pièces manquantes, d'incohérences entre ce qui est saisi dans le formulaire et ce que montrent les justificatifs, ou d'une activité réglementée déclarée sans la qualification exigée.
Quand une irrégularité est détectée, vous recevez une notification précisant l'anomalie et le délai pour la corriger, de l'ordre de 15 jours. Le dossier reste en attente pendant tout ce temps, et le délai légal d'un mois, lui, continue de courir. Un aller-retour suffit donc à vous mettre hors délai.
- Libellé d'activité trop vague : « conseil » ou « prestations de services » ne permet pas de rattacher l'activité à une catégorie. C'est ce rattachement qui détermine votre taux de cotisations.
- Mauvaise opération choisie : déclarer une adjonction quand on voulait remplacer son activité laisse l'ancienne active, avec les obligations qui vont avec.
- Pièce illisible ou trop lourde : au delà de 10 Mo, le fichier est refusé à l'envoi.
- Justificatif de qualification absent : pour les métiers de l'artisanat réglementés, le dossier ne passe pas sans diplôme ou preuve d'expérience.
Premier effet : votre taux de cotisations Urssaf change
Le taux de cotisations sociales du micro-entrepreneur dépend de la nature de l'activité, pas de son intitulé commercial. Les taux applicables en 2026 sont les suivants.
- Vente de marchandises et fourniture de logement : 12,3 % du chiffre d'affaires.
- Prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC : 21,2 %.
- Professions libérales réglementées affiliées à la Cipav : 23,2 %.
- Autres activités libérales relevant des BNC : 25,6 %.
- Location de meublés de tourisme classés : 6 %.
À ces taux s'ajoute la contribution à la formation professionnelle, comprise entre 0,1 % et 0,3 % du chiffre d'affaires selon l'activité. Lorsque vous cumulez plusieurs activités, chaque taux s'applique à la fraction de chiffre d'affaires correspondante : il faut ventiler votre chiffre d'affaires par activité à chaque déclaration Urssaf.
Le piège classique est le classement BIC ou BNC, qui ne suit pas l'intuition. Le ménage à domicile, l'aide aux personnes âgées, la garde d'enfants, la coiffure ou la livraison sont des prestations commerciales, donc du BIC à 21,2 %. Le coaching, la rédaction, le graphisme, le community management ou le conseil relèvent des BNC à 25,6 %.
Deuxième effet : plafond de chiffre d'affaires et abattement fiscal
Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise s'élèvent à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement, et à 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. En cas d'activité mixte, les deux conditions se cumulent : le chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour la part de prestations de services.
Le régime n'est perdu qu'en cas de dépassement pendant deux années civiles consécutives, avec bascule au régime réel au 1er janvier suivant. L'abattement forfaitaire appliqué par l'administration fiscale suit la même logique de catégorie : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services relevant des BIC, 34 % pour les BNC, avec un abattement minimum de 305 €.
Changer de catégorie d'activité change donc à la fois votre plafond, votre abattement et votre case de déclaration. Si le dépassement se profile, notre article sur le dépassement de plafond en micro-entreprise détaille la mécanique des deux années consécutives.
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Troisième effet : le code APE, et comment le faire corriger
Le code APE, aussi appelé code NAF, est attribué par l'Insee à partir de l'activité principale déclarée. Erreur fréquente : croire qu'il détermine vos droits. L'Insee est explicite sur ce point, le code APE n'a pas de valeur juridique et ne rend pas compte de la pluralité des activités d'une entreprise. Il sert à des fins statistiques et ne constitue qu'une présomption d'activité, pas une preuve.
Il peut malgré tout poser des problèmes concrets : convention collective présumée à tort, refus d'une assurance professionnelle, exclusion d'un dispositif d'aide, mauvaise orientation d'un contrôle. Deux situations doivent être distinguées.
- Votre activité a réellement changé : déclarez d'abord la modification sur formalites.entreprises.gouv.fr. L'Insee est informé automatiquement et met le code à jour.
- Votre activité n'a pas changé mais le code est faux : adressez une demande de révision directement à l'Insee, via son formulaire en ligne dédié, accompagnée du tableau d'activité de l'unité dûment rempli. Aucun dossier n'est instruit sans cette pièce.
La démarche est gratuite et l'Insee annonce un délai d'instruction de 20 jours ouvrés, susceptible d'être allongé si ses experts ont besoin de précisions sur votre activité. Téléchargez ensuite votre avis de situation au répertoire Sirene pour vérifier que la correction est enregistrée.
Le cas des activités réglementées
Certaines activités ne peuvent pas être ajoutées librement. L'article L121-1 du code de l'artisanat impose une qualification professionnelle pour un ensemble de métiers issus de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, parmi lesquels l'entretien et la réparation de véhicules, la construction et la réparation de bâtiments, la coiffure ou les soins esthétiques.
La qualification exigée est un CAP, un BEP, un diplôme ou un titre homologué de niveau égal ou supérieur, ou à défaut 3 années d'expérience professionnelle effective acquise dans l'Union européenne en qualité de dirigeant, de travailleur indépendant ou de salarié dans le métier concerné. Elle peut être détenue par l'entrepreneur lui-même ou par une personne placée sous son contrôle effectif et permanent.
D'autres activités supposent une autorisation, une carte professionnelle, une assurance spécifique comme la garantie décennale dans le bâtiment, ou une inscription auprès d'un ordre. Les justificatifs sont déposés au format PDF dans le dossier, mais l'INPI ne valide pas leur conformité : ce sont les autorités compétentes qui les examinent après transmission.
Ce qu'un changement d'activité ne modifie pas
Une modification d'activité ne fait pas repartir votre entreprise de zéro. Votre numéro SIREN à 9 chiffres reste le même pendant toute la vie de l'entreprise. Le numéro SIRET de l'établissement, lui, change en cas de déménagement, pas en cas de simple changement d'activité.
Vos seuils de franchise en base de TVA continuent de s'apprécier selon votre nouvelle catégorie d'activité : 37 500 € de chiffre d'affaires avec une tolérance à 41 250 € pour les prestations de services, 85 000 € avec une tolérance à 93 500 € pour la vente de marchandises. La réforme du seuil unique à 25 000 € a été définitivement écartée par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Enfin, une exonération de cotisation foncière des entreprises acquise la première année n'est pas remise en cause par une adjonction d'activité.
Faire la démarche seul ou la confier : ce qui change vraiment
Soyons honnêtes : une adjonction simple, dans une activité non réglementée, avec un libellé clair et aucune pièce particulière à fournir, se fait très bien seul en une trentaine de minutes. Le guichet unique est gratuit et l'accès n'est pas réservé aux professionnels.
Déléguer se justifie dans quatre situations précises, qui sont exactement celles où les dossiers coincent.
- Votre nouvelle activité est réglementée : il faut identifier la qualification exigée et réunir les bonnes pièces avant le dépôt, sous peine de rejet.
- Vous changez de catégorie : passer de la vente aux BNC, ou l'inverse, modifie taux, plafond et abattement en même temps. L'erreur de rattachement se paie en cotisations.
- Votre dossier a déjà été rejeté : le délai de régularisation court, et repartir de zéro sur le même formulaire reproduit souvent la même erreur.
- Vous n'avez pas le temps : entre la création de l'identité numérique, la préparation des pièces et les allers-retours éventuels, la démarche s'étale sur plusieurs jours.
Chez WiseStart, la modification d'une micro-entreprise est facturée 49 € HT, soit 58,80 € TTC, et il n'y a aucun frais légal à ajouter puisque le guichet unique ne facture rien à un micro-entrepreneur. Nous préparons le dossier, vérifions les pièces exigées par votre activité et déposons la déclaration sous 48 heures ouvrées une fois le dossier complet. Il s'agit d'un accompagnement administratif : la qualification juridique de votre activité reste de votre responsabilité, et nous vous orientons vers un professionnel du droit si votre situation le nécessite.
Questions fréquentes
La modification se déclare en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises, à l'adresse formalites.entreprises.gouv.fr, en cinq étapes : connexion via FranceConnect+ ou INPI Connect, ouverture d'un dossier de modification avec votre numéro SIREN, mise à jour de la rubrique des activités, dépôt des pièces justificatives au format PDF de 10 Mo maximum, puis validation et signature électronique. L'Insee, l'Urssaf et la direction générale des finances publiques sont ensuite informés automatiquement, sans démarche supplémentaire de votre part.
La formalité est gratuite pour une micro-entreprise dans la très grande majorité des cas, comme l'est déjà la création. Aucune annonce légale n'est due, cette obligation étant réservée aux sociétés. La seule exception courante concerne les agents commerciaux, qui doivent s'inscrire au registre spécial des agents commerciaux pour un montant inférieur à 25 €. Des frais annexes peuvent s'ajouter selon le métier, par exemple une assurance obligatoire ou une inscription auprès d'un ordre professionnel.
L'article R123-66 du code de commerce impose de déposer la déclaration dans le mois suivant le changement effectif. Au delà, les informations du registre national des entreprises ne reflètent plus votre activité réelle, et une information non mise à jour n'est pas opposable aux tiers. Le risque le plus concret est ailleurs : vous continuez à déclarer votre chiffre d'affaires dans l'ancienne catégorie à l'Urssaf, ce qui peut donner lieu à une régularisation rétroactive de cotisations.
Oui, un micro-entrepreneur peut exercer plusieurs activités indépendantes au sein d'une seule micro-entreprise, à condition de les déclarer sur le guichet unique. Il ne peut en revanche pas ouvrir une deuxième auto-entreprise, car une personne physique ne peut détenir qu'une seule entreprise individuelle. Le chiffre d'affaires doit ensuite être ventilé par activité à chaque déclaration Urssaf, chaque taux s'appliquant à la fraction correspondante. En 2026, le chiffre d'affaires global reste plafonné à 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour la part de prestations de services.
Si votre activité n'a pas changé et que seul le code est erroné, la demande de révision se fait directement auprès de l'Insee, au moyen de son formulaire en ligne et du tableau d'activité de l'unité, obligatoire sous peine de non instruction du dossier. La démarche est gratuite et l'Insee annonce un délai de 20 jours ouvrés. Si votre activité a réellement évolué, il faut au contraire commencer par déclarer la modification sur le guichet unique : l'Insee est alors informé automatiquement.
Oui, la déclaration peut être déposée par un mandataire agissant pour votre compte, sur la base d'un mandat écrit. C'est ce que fait WiseStart pour 49 € HT, soit 58,80 € TTC, sans frais légal à ajouter puisque la formalité est gratuite pour une micro-entreprise. Le prestataire prépare le dossier, vérifie les pièces exigées et suit la formalité jusqu'à son enregistrement, mais vous restez juridiquement responsable de l'exactitude des informations déclarées.
Ressources utiles
Votre changement d'activité déposé sans rejet
WiseStart prépare votre déclaration de modification, vérifie les pièces exigées par votre activité et la dépose sur le guichet unique sous 48 heures ouvrées, pour 49 € HT.
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