Pour verser 3 000 € net par mois à son président en 2026, une SASU décaisse environ 5 275 € : 3 800 € de salaire brut (dont 800 € de cotisations salariales) plus 1 480 € de cotisations patronales, soit 63 300 € par an. Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général sans assurance chômage, et chaque euro net lui coûte 1,75 à 1,80 € en coût total, contre environ 1,45 € pour un gérant majoritaire d'EURL au régime des indépendants.
Pour 1 500, 3 000 ou 5 000 € net : brut, charges et coût total en 2026
Le tableau ci-dessous applique les taux URSSAF et Agirc-Arrco 2026 (plafond mensuel de la Sécurité sociale, PMSS, de 4 005 €) à un président de SASU cadre, sans mutuelle d'entreprise, avec un taux accidents du travail d'activité de bureau (0,8 %). Les montants sont mensuels et arrondis.
- 1 500 € net : salaire brut 1 900 €, cotisations salariales 400 €, cotisations patronales 740 €, coût total pour la SASU 2 640 € par mois (31 700 € par an), taux global de charges 60 % du brut.
- 3 000 € net : salaire brut 3 800 €, cotisations salariales 800 €, cotisations patronales 1 480 €, coût total 5 275 € par mois (63 300 € par an), taux global 60 % du brut.
- 5 000 € net : salaire brut 6 300 €, cotisations salariales 1 300 €, cotisations patronales 2 430 €, coût total 8 730 € par mois (104 800 € par an), taux global 59 % du brut (la part au-dessus du PMSS relève de la tranche 2 Agirc-Arrco, plus chère, mais échappe à la vieillesse plafonnée).
Ces ordres de grandeur bougent peu avec le niveau de salaire, car le président de SASU ne bénéficie ni de la réduction générale dégressive de cotisations patronales (RGDU, réservée aux salariés couverts par l'assurance chômage) ni des anciens taux réduits maladie et famille, supprimés pour tous au 1er janvier 2026.
Le détail des taux 2026 : ce que paie le président, ce que paie la SASU
Sur un bulletin de président de SASU rémunéré 3 800 € brut, les lignes se répartissent ainsi (taux au 1er janvier 2026, source URSSAF et Agirc-Arrco).
- Cotisations patronales sur la totalité du brut : assurance maladie 13 % (494 €), allocations familiales 5,25 % (199 €), vieillesse déplafonnée 2,11 % (80 €, taux relevé de 0,09 point au 1er janvier 2026 par le décret n°2025-1446), accidents du travail 0,7 à 1 % selon l'activité (30 €), FNAL 0,10 %, contribution solidarité autonomie 0,30 %, formation professionnelle 0,55 % et taxe d'apprentissage 0,68 % (62 € pour ces quatre lignes).
- Cotisations patronales dans la limite du PMSS : vieillesse plafonnée 8,55 % (325 €), retraite complémentaire Agirc-Arrco tranche 1 4,72 % (179 €), contribution d'équilibre général (CEG) 1,29 % (49 €), prévoyance cadre obligatoire 1,50 % (57 €), APEC 0,036 %.
- Cotisations salariales : vieillesse plafonnée 6,90 % et déplafonnée 0,40 %, Agirc-Arrco tranche 1 3,15 %, CEG 0,86 %, APEC 0,024 %, puis CSG et CRDS 9,70 % calculées sur 98,25 % du brut (dont 6,80 % de CSG déductible du revenu imposable). Total : environ 800 €, soit 21 % du brut.
- Au-delà de 4 005 € brut par mois : Agirc-Arrco tranche 2 à 12,95 % patronal et 8,64 % salarial, CEG 1,62 % et 1,08 %, et contribution d'équilibre technique (CET) 0,21 % et 0,14 % sur la totalité du salaire.
Assimilé salarié : ce que le statut ouvre, et ce qu'il n'ouvre pas
Le président de SASU rémunéré est affilié au régime général de la Sécurité sociale (article L311-3 du Code de la sécurité sociale) : il dépend de la CPAM, de la CNAV et de l'Agirc-Arrco comme un cadre, mais sans contrat de travail.
- Maladie et maternité : remboursements de soins et indemnités journalières sous conditions d'activité (150 heures sur 3 mois, ou cotisations sur 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois), après 3 jours de carence.
- Retraite : validation de 4 trimestres par an dès environ 7 200 € de salaire brut annuel (600 fois le SMIC horaire), points Agirc-Arrco proportionnels au brut, prévoyance cadre en cas d'invalidité ou de décès.
- Accidents du travail : couverture au titre du mandat, financée par la seule cotisation patronale.
- Pas d'assurance chômage : aucune cotisation à France Travail, donc aucun droit à l'allocation de retour à l'emploi (ARE) au titre du mandat, même après plusieurs années de rémunération. Une assurance chômage privée (GSC, April) coûte de l'ordre de 2 à 4 % de la rémunération.
- Pas de convention collective : ni congés payés, ni prime d'ancienneté, ni indemnité de licenciement au titre du mandat.
Zéro rémunération = zéro cotisation, mais aussi zéro droit
Un président de SASU qui ne se verse rien ne paie aucune cotisation au titre de son mandat, ni bulletin ni DSN tant qu'aucune paie n'a été déclarée. C'est le choix de la majorité des créateurs la première année, avec quatre conséquences à connaître.
- Aucun droit acquis : pas de trimestre de retraite, pas de points Agirc-Arrco, pas d'indemnités journalières au titre du mandat.
- Couverture maladie maintenue : grâce à la protection universelle maladie (PUMa), le président sans revenu d'activité reste remboursé de ses soins.
- Cotisation subsidiaire maladie possible : si les revenus d'activité du foyer sont inférieurs à 20 % du PASS (9 612 € en 2026) et que les revenus du capital (dividendes, loyers) dépassent 50 % du PASS (24 030 €), l'URSSAF réclame une cotisation de 6,5 % sur la fraction des revenus du capital au-delà de ce seuil.
- Cas du créateur indemnisé par France Travail : sans rémunération, l'ARE est maintenue intégralement jusqu'à la fin des droits ; avec une rémunération, France Travail déduit 70 % du brut versé. L'ARCE (60 % des droits restants, versés en 2 fois) est l'alternative pour financer le démarrage.
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Rémunération ou dividendes : où se situe l'arbitrage
En SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, contrairement à ceux du gérant majoritaire de SARL au-delà de 10 % du capital. Ils subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), après impôt sur les sociétés.
- 10 000 € de résultat versés en salaire : coût total 10 000 € pour la SASU, soit environ 5 690 € net avant impôt sur le revenu, avec des droits retraite et maladie à la clé.
- 10 000 € de résultat versés en dividendes : IS à 15 % (8 500 € distribuables) puis PFU 31,4 %, soit 5 831 € net d'impôt, sans aucun droit social ; à l'IS de 25 %, 5 145 € net.
- Le salaire redevient plus favorable pour un foyer faiblement imposé (tranche 0 ou 11 %, abattement de 10 % sur les salaires) ; les dividendes le deviennent pour un foyer à 30 % et plus, dès lors que la protection sociale est déjà assurée par ailleurs.
Président de SASU ou gérant majoritaire d'EURL : même 3 000 € net, 11 000 € d'écart par an
Le gérant majoritaire d'EURL relève de la Sécurité sociale des indépendants (TNS) : ses cotisations représentent environ 45 % de sa rémunération nette selon le barème URSSAF 2026, contre 76 % pour le président de SASU.
- Coût annuel pour 36 000 € net : environ 52 000 € en EURL (16 000 € de cotisations TNS) contre 63 300 € en SASU (27 300 € de cotisations), soit près de 11 000 € d'écart, à couverture différente.
- Ce que le TNS paie en moins : pas de retraite complémentaire Agirc-Arrco (remplacée par la RCI, moins généreuse), pas de prévoyance cadre à 1,50 %, cotisation maladie dégressive et allocations familiales à 0 % sous 110 % du PASS.
- Ce que le TNS reçoit en moins : indemnités journalières plafonnées à environ 65 € par jour, retraite complémentaire plus faible, pas de couverture accidents du travail sans assurance volontaire.
- Le TNS cotise même sans revenu : cotisations minimales d'environ 1 200 € par an en EURL, là où le président de SASU non rémunéré ne paie rien.
Le choix entre les deux formes se joue donc sur la protection sociale souhaitée, la politique de dividendes et le niveau de rémunération visé, plus que sur le seul taux facial. Notre comparatif EURL ou SASU détaille les autres critères.
ACRE 2026 : ce que change la réforme pour un président de SASU
Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus automatique pour personne : le président de SASU éligible (demandeur d'emploi indemnisé ou non, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, moins de 26 ans, création en QPV, entre autres) doit la demander à l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité, l'URSSAF répondant sous 30 jours (silence vaut accord).
- Cotisations concernées : parts patronale et salariale de l'assurance maladie-maternité, invalidité-décès, vieillesse de base et allocations familiales. Restent dues en totalité : Agirc-Arrco, CSG-CRDS, accidents du travail, FNAL, formation.
- Taux d'exonération plafonné à 25 % pour les dirigeants de société depuis la réforme, sur 12 mois, si la rémunération annuelle brute ne dépasse pas 75 % du PASS (36 045 €) ; exonération dégressive entre 36 045 € et 48 060 €, nulle au-delà.
- Économie réelle : environ 2 000 € sur l'année pour un président rémunéré 1 500 € net (22 800 € brut annuel), quelques centaines d'euros seulement à 3 000 € net (45 600 € brut, dans la zone dégressive), zéro sans rémunération.
Déclarer et payer : DSN, bulletin de paie et coût d'un cabinet
Dès la première rémunération, la SASU devient employeur au sens de l'URSSAF : chaque versement donne lieu à un bulletin de paie et à une déclaration sociale nominative (DSN) mensuelle sur net-entreprises.fr, à transmettre le 15 du mois suivant pour une entreprise de moins de 50 salariés.
- Bulletin de paie obligatoire : même pour un mandataire sans contrat de travail, avec mention du brut, de chaque cotisation et du net imposable.
- Paiement des cotisations : mensuel par défaut, trimestriel sur option pour moins de 11 salariés ; le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu du président transite aussi par la DSN.
- Retard ou absence de DSN : pénalité de 1,5 % du PMSS par salarié et par mois, soit environ 60 € en 2026, plus majorations de retard de 5 % sur les cotisations non payées.
- Coût d'un cabinet : un bulletin de dirigeant unique est facturé 20 à 40 € HT par mois par les cabinets en ligne, ou compris dans un forfait comptable SASU de 80 à 200 € HT par mois (voir le prix d'un expert-comptable pour une SASU).
Questions fréquentes
Un président de SASU rémunéré supporte environ 21 % de cotisations salariales et 39 % de cotisations patronales, calculées sur le salaire brut, soit un total d'environ 60 % du brut ou 76 % du net. Pour 3 000 € net par mois, le coût total pour la société est d'environ 5 275 €. Il n'y a pas de cotisation chômage, et les taux réduits maladie et famille ne s'appliquent plus à personne depuis le 1er janvier 2026.
Oui, à condition d'être rémunéré : le président de SASU assimilé salarié perçoit les indemnités journalières de l'Assurance Maladie s'il justifie de 150 heures d'activité sur 3 mois ou de cotisations sur un salaire égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois, après 3 jours de carence. L'indemnité vaut 50 % du salaire journalier de base, dans la limite de 1,4 SMIC. Sans rémunération, aucune indemnité n'est due au titre du mandat.
Non : sans rémunération, aucune cotisation n'est due au titre du mandat et aucune DSN n'est à produire tant qu'aucune paie n'a été déclarée. La seule exception est la cotisation subsidiaire maladie de 6,5 %, réclamée par l'URSSAF si les revenus d'activité du foyer sont inférieurs à 9 612 € (20 % du PASS 2026) et que les revenus du capital dépassent 24 030 € (50 % du PASS).
Non. Les dividendes versés par une SASU ne supportent aucune cotisation sociale, quel que soit leur montant, à la différence des dividendes du gérant majoritaire de SARL au-delà de 10 % du capital. Ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option au barème progressif après abattement de 40 %.
Oui, s'il appartient aux publics éligibles (demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, moins de 26 ans, création en quartier prioritaire, etc.) et s'il dépose la demande à l'URSSAF dans les 60 jours du début d'activité. L'exonération est plafonnée à 25 % des cotisations maladie, vieillesse de base et allocations familiales pendant 12 mois, pour une rémunération brute annuelle jusqu'à 36 045 €, dégressive jusqu'à 48 060 €.
Par la DSN mensuelle, transmise via le logiciel de paie ou un cabinet sur net-entreprises.fr avant le 15 du mois suivant, qui alimente l'URSSAF, l'Agirc-Arrco et l'organisme de prévoyance. Les cotisations sont prélevées mensuellement, ou trimestriellement sur option pour une entreprise de moins de 11 salariés. Une DSN manquante coûte environ 60 € de pénalité par mois de retard.
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