Depuis 2003, il n'existe plus de capital minimum obligatoire pour créer une EURL. En théorie, vous pouvez donc créer votre société avec 1 euro symbolique. Mais est-ce vraiment une bonne stratégie ? La réponse dépend de votre situation, de votre secteur et de vos ambitions. Voici tout ce que vous devez savoir avant de prendre cette décision.
L'EURL en bref : rappel du fonctionnement
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la version unipersonnelle de la SARL. Elle est conçue pour les entrepreneurs qui souhaitent exercer seuls, tout en séparant leur patrimoine personnel de celui de leur entreprise. C'est l'une des formes juridiques les plus populaires en France pour les indépendants qui veulent aller au-delà de la micro-entreprise.
- Responsabilité limitée aux apports (protection du patrimoine personnel)
- Choix de l'imposition : IR ou IS
- Cotisations sociales calculées sur le bénéfice (TNS)
- Capital social fixé librement par l'associé unique
Capital minimum de l'EURL : ce que dit la loi
Depuis la loi du 1er août 2003, dite loi Dutreil, il n'existe plus de capital minimum légal pour créer une EURL ou une SARL. Vous pouvez fixer votre capital social à 1 euro, voire à 1 centime. Le capital est fixé librement par les statuts.
Cette liberté a été introduite pour faciliter la création d'entreprise et permettre aux porteurs de projet de lancer leur activité sans mobiliser d'économies importantes. En pratique, la réalité est un peu plus nuancée.
Les risques concrets d'un capital trop faible
Si la loi autorise un capital de 1 euro, les acteurs du marché ne l'apprécient pas forcément. Voici les situations où un capital insuffisant peut vous freiner.
Les banques regardent le capital social
Lorsque vous demandez un crédit professionnel, un découvert ou l'ouverture d'un compte entreprise, les banques analysent vos statuts. Un capital de 1 euro envoie un signal négatif : cela peut laisser penser que le projet manque de sérieux ou que l'entrepreneur n'a pas la capacité (ou la volonté) d'investir dans sa propre société. Un capital très faible peut compliquer l'accès au crédit bancaire ou entraîner des conditions plus restrictives.
La crédibilité vis-à-vis des clients et partenaires
Dans certains secteurs (BTP, conseil, prestation B2B), les clients et partenaires vérifient les informations légales de leurs fournisseurs. Un capital de 1 euro visible sur le Kbis peut susciter des doutes sur la solidité financière de votre entreprise. Ce n'est pas rédibitoire, mais cela peut affaiblir votre position dans une négociation commerciale.
La protection du patrimoine peut être limitée
L'EURL offre une responsabilité limitée aux apports. Mais si votre capital est de 1 euro, votre société dispose d'une assise financière quasi nulle. En cas de difficultés, les créanciers ne pourront pas récupérer grand-chose sur le capital, mais l'EURL pourra rapidement être en situation d'insolvabilité, ce qui expose le gérant à des procédures collectives délicates.
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Les alternatives à l'apport en numéraire
Si vous ne souhaitez pas immobiliser de liquidités dans votre capital social, plusieurs alternatives existent.
Les apports en nature
Vous pouvez apporter du matériel, un ordinateur, un véhicule, un fonds de commerce ou des droits de propriété intellectuelle en lieu et place d'un apport en argent. Ces biens doivent être évalués à leur valeur réelle. Pour une EURL, si l'apport en nature dépasse 30 000 € ou représente plus de la moitié du capital, un commissaire aux apports doit être nommé pour certifier l'évaluation.
Le compte courant d'associé
Plutôt qu'un apport en capital, vous pouvez prêter de l'argent à votre EURL sous forme de compte courant d'associé. L'avantage : vous restez créancier de la société et pouvez récupérer ces fonds librement (sous réserve de liquidités). L'inconvénient : ce n'est pas du capital — les banques font la distinction, et cela n'apparaît pas sur le Kbis.
La libération progressive du capital
La loi permet de ne libérer qu'un cinquième du capital à la création, le reste pouvant être versé dans un délai de 5 ans. Ainsi, si vous prévoyez un capital de 5 000 €, vous n'avez à déposer que 1 000 € lors de la création. Cela vous permet d'afficher un capital crédible sans mobiliser immédiatement la totalité des fonds.
Quel capital choisir en pratique ?
Il n'existe pas de montant universel. Tout dépend de votre activité, de vos besoins en trésorerie et de vos interlocuteurs. Voici quelques repères :
- Activité de service intellectuel (conseil, freelance, coaching) : un capital de 1 000 à 3 000 € est souvent suffisant. Il y a peu d'investissements matériels et peu de risque de défaillance.
- Artisan ou prestataire avec du matériel : un capital de 3 000 à 10 000 € permet de couvrir les premières dépenses et rassure les fournisseurs.
- Commerce, restauration, hôtellerie : les besoins en fonds propres sont plus importants. Un capital de 10 000 € et plus est souvent recommandé, voire exigé par les crédits bancaires.
- Si vous souhaitez obtenir un prêt bancaire : prévoyez un capital au moins égal à 20–30 % du montant du crédit demandé.
Peut-on augmenter son capital après la création ?
Oui, absolument. Une augmentation de capital est possible à tout moment. Elle nécessite de modifier les statuts de l'EURL et de déposer un dossier au greffe du tribunal de commerce (via le guichet unique INPI). L'opération est simple et peu coûteuse. Elle donne lieu à la publication d'une annonce légale et à la délivrance d'un nouveau Kbis.
FAQ · EURL sans apport
Oui, c'est légalement possible depuis la loi Dutreil de 2003. Il n'existe aucun capital minimum imposé pour une EURL ou une SARL. En pratique, un capital de 1 euro est rare car il nuit à la crédibilité de la société. La plupart des créateurs optent pour un capital compris entre 1 000 et 10 000 euros.
Oui. La protection du patrimoine personnel est liée au statut juridique de l'EURL (responsabilité limitée), pas au montant du capital. Vos biens personnels sont séparés des dettes de la société, sauf en cas de faute de gestion ou de caution personnelle accordée à une banque.
Le capital social est la somme déposée à la création et inscrite dans les statuts — elle apparaît sur le Kbis. L'apport personnel peut prendre d'autres formes : compte courant d'associé, matériel apporté en nature, etc. Ces apports complémentaires n'augmentent pas le capital social mais renforcent la trésorerie de l'entreprise.
Non, une banque ne peut pas refuser l'ouverture d'un compte professionnel uniquement pour cette raison. En revanche, elle peut refuser d'accorder un crédit ou des facilités de caisse si le capital lui paraît insuffisant au regard du projet. Certaines banques en ligne (Qonto, Shine, Revolut Business) sont plus souples sur ce point.
Oui. La transformation d'une EURL en SASU est possible à tout moment. Cette opération nécessite une modification des statuts, une publication d'annonce légale et un dépôt au greffe. Elle n'entraîne pas la création d'une nouvelle entité : le SIRET et les contrats en cours sont maintenus. C'est une solution fréquente lorsqu'un associé rejoint la société ou lorsque le régime social du président de SASU (assimilé salarié) est préféré.
Sources officielles
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