Pour devenir consultant indépendant en 2026, quatre statuts dominent : la micro-entreprise (pour tester sans risque), l'entreprise individuelle, la société unipersonnelle (EURL ou SASU) et le portage salarial. Le bon choix dépend de votre chiffre d'affaires prévisionnel, de votre besoin de protection sociale et du niveau de charges déductibles. Le lancement coûte généralement entre 1 000 et 10 000 euros selon le statut et l'accompagnement retenu, et une micro-entreprise peut être créée gratuitement en quelques minutes au guichet unique de l'INPI.

Le marché du consulting indépendant en 2026

Le conseil aux entreprises (stratégie, RH, IT, marketing, finance) est l'un des secteurs où l'indépendance progresse le plus vite. Un consultant facture sa prestation à la journée via un TJM (taux journalier moyen) : comptez en moyenne entre 350 et 600 euros par jour pour un profil débutant, et au-delà de 900 euros pour un expert reconnu. Un point structurant à intégrer dès le départ : on ne facture en moyenne que 40 à 60 % de son temps, le reste étant consacré à la prospection, à l'administratif et à la formation.

Concrètement, un consultant qui vise 2 500 euros de revenu mensuel doit facturer environ 7 à 9 jours de mission par mois à un TJM de 350 à 400 euros. Un expert visant plus de 5 000 euros par mois facture 10 à 12 jours à un TJM supérieur à 500 euros.

La micro-entreprise : tester son activité à moindre risque

La micro-entreprise est le point d'entrée privilégié pour se lancer : création gratuite, comptabilité ultra-simplifiée et cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé. Pour une activité libérale de conseil, les cotisations sociales représentent environ 23,2 % du chiffre d'affaires en 2026, auxquelles s'ajoute une contribution à la formation professionnelle.

Le plafond de chiffre d'affaires pour les prestations de services et activités libérales est fixé à 77 700 euros par an. La franchise en base de TVA s'applique tant que vous restez sous le seuil de TVA, ce qui vous évite de facturer la TVA à vos clients au démarrage. Le revers : vous ne pouvez déduire aucune charge réelle (logiciels, déplacements, sous-traitance) et vous ne cotisez pas à l'assurance chômage.

Si vous hésitez entre micro et société, démarrez en micro-entreprise pour valider votre marché, puis basculez vers une société quand vos charges réelles deviennent significatives. Notre guide sur quand passer en SASU détaille les seuils déclencheurs.

EURL ou SASU : structurer une activité qui décolle

Dès que votre chiffre d'affaires dépasse durablement 50 000 à 70 000 euros, créer une société unipersonnelle devient pertinent. Deux formes dominent pour un consultant seul :

  • EURL : le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Les cotisations représentent environ 40 à 45 % du revenu net, mais elles sont plus faibles que celles d'un dirigeant assimilé salarié.
  • SASU : le président est assimilé salarié. Sa protection sociale est plus complète (hors chômage), mais les charges sociales atteignent environ 75 à 80 % du salaire net versé. En contrepartie, la rémunération en dividendes est socialement plus légère.

Le capital social peut être fixé librement, à partir de 1 euro symbolique. Les frais légaux de création d'une société (publication d'annonce légale, dépôt au guichet unique) s'élèvent généralement à 200 à 400 euros, auxquels s'ajoute l'accompagnement si vous déléguez les formalités.

La SASU séduit beaucoup de consultants car elle permet d'arbitrer entre salaire et dividendes : on se verse un salaire modeste pour la protection sociale, puis des dividendes pour optimiser le prélèvement global. L'EURL, elle, reste imbattable sur le coût des cotisations quand on souhaite se verser l'essentiel du résultat en rémunération.

Le portage salarial : indépendance avec filet de sécurité

Le portage salarial est une voie hybride : vous trouvez vos missions comme un indépendant, mais une société de portage vous emploie en CDI ou CDD et vous reverse vos honoraires sous forme de salaire. Vous bénéficiez ainsi de la protection sociale du salarié, y compris l'assurance chômage et la retraite cadre.

Le prix de cette sécurité est une commission de gestion de l'ordre de 5 à 10 % du chiffre d'affaires hors taxes, prélevée par la société de portage. Le portage est idéal pour tester une activité de conseil sans créer de structure, ou pour les consultants qui veulent conserver leurs droits au chômage. Pour comparer cette option en détail, consultez notre analyse auto-entrepreneur ou portage salarial.

Le portage salarial n'est pas accessible à toutes les activités : il est réservé aux prestations intellectuelles (conseil, expertise, formation) et impose un montant minimum de facturation. Vérifiez que votre TJM permet d'absorber la commission de gestion avant de vous engager.

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Combien coûte le lancement selon le statut

Le budget de démarrage varie fortement d'un statut à l'autre. Voici les principaux postes à anticiper :

  • Micro-entreprise : 0 euro de formalités au guichet unique INPI ; prévoir le coût d'un compte bancaire dédié et d'une éventuelle assurance RC Pro (100 à 300 euros par an).
  • EURL ou SASU : 1 000 à 3 000 euros tout compris si vous déléguez les statuts, l'annonce légale et le dépôt au guichet unique.
  • Accompagnement complet et équipement : jusqu'à 10 000 euros si l'on intègre logiciels métier, site web, identité visuelle et conseil de cadrage.
  • RC Pro et prévoyance : poste indispensable pour un consultant, entre 300 et 1 200 euros par an selon le secteur et le chiffre d'affaires.

Le CFE compétent (centre de formalités des entreprises) pour une activité libérale de conseil est l'URSSAF. Depuis la généralisation du guichet unique, toutes les formalités de création, modification et cessation passent par le portail de l'INPI, qui transmet ensuite aux organismes concernés.

Bien fixer son TJM et sa rémunération

Fixer son taux journalier est l'exercice le plus stratégique du consultant. Un débutant raisonne souvent autour de 2 500 euros de revenu mensuel, un expert vise plus de 5 000 euros par mois. Pour passer du revenu souhaité au TJM, partez du nombre de jours réellement facturables :

  • Jours ouvrés disponibles : environ 218 par an après congés et jours fériés.
  • Taux de facturation réaliste : 40 à 60 %, soit 90 à 130 jours facturés par an.
  • Charges et cotisations : intégrez 25 à 45 % selon le statut avant de calculer votre net.

Un consultant qui souhaite dégager 3 000 euros nets par mois en SASU devra viser un chiffre d'affaires annuel d'environ 70 000 à 90 000 euros, soit un TJM de 550 à 700 euros sur 120 jours facturés. Une fois le statut choisi et l'activité lancée, l'enjeu devient commercial : nos conseils pour trouver ses premiers clients de consultant vous aideront à remplir votre carnet de commandes.

Quel statut choisir selon votre profil

Il n'existe pas de statut universellement meilleur, mais des choix logiques selon votre situation :

  • Vous testez une idée : micro-entreprise, pour sa simplicité et son coût nul, dans la limite de 77 700 euros de chiffre d'affaires.
  • Vous quittez un emploi salarié et craignez la perte de revenus : portage salarial, pour conserver l'assurance chômage moyennant 5 à 10 % de commission.
  • Vous avez des charges réelles élevées et un bon volume d'affaires : EURL pour limiter les cotisations, ou SASU pour optimiser entre salaire et dividendes.
  • Vous prévoyez d'embaucher ou de lever des fonds : SASU, plus souple pour faire entrer des associés et évoluer en SAS.

Rappelons que WiseStart est un opérateur de formalités administratives : nous vous accompagnons sur les démarches de création (statuts, dépôt au guichet unique INPI, suivi du Kbis) et le suivi opérationnel, sans nous substituer à un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Questions fréquentes

Pour un démarrage prudent, la micro-entreprise reste la plus accessible : création gratuite au guichet unique INPI, cotisations d'environ 23,2 % du chiffre d'affaires et plafond de 77 700 euros pour les activités libérales. Dès que vos charges réelles deviennent significatives ou que vous dépassez ce plafond, une EURL ou une SASU devient plus avantageuse.

Compter entre 1 000 et 3 000 euros pour créer une EURL ou une SASU avec accompagnement (statuts, annonce légale, dépôt au guichet unique). Le budget peut atteindre 10 000 euros si l'on inclut équipement, site web et assurance RC Pro. La micro-entreprise, elle, se crée gratuitement.

Le portage salarial convient aux consultants qui veulent conserver la protection sociale du salarié, notamment l'assurance chômage et la retraite cadre, sans créer de structure. En contrepartie, la société de portage prélève une commission de gestion de 5 à 10 % du chiffre d'affaires hors taxes. C'est un bon choix pour sécuriser une transition depuis le salariat.

Partez de votre revenu net mensuel cible, ajoutez vos charges et cotisations (25 à 45 % selon le statut), puis divisez par le nombre de jours réellement facturables, soit 90 à 130 jours par an pour un taux de facturation de 40 à 60 %. Un objectif de 3 000 euros nets par mois en SASU correspond environ à un TJM de 550 à 700 euros.

La responsabilité civile professionnelle n'est pas obligatoire pour toutes les activités de conseil, mais elle est fortement recommandée et souvent exigée par les clients dans leurs contrats. Comptez entre 300 et 1 200 euros par an selon votre secteur et votre chiffre d'affaires. Elle couvre les dommages causés à un client dans le cadre de vos prestations.

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